
Avant-guerre, Pierre Laval n’est ni un réactionnaire, ni un antisémite notoire. C’est un avocat spécialisé dans la défense des organisations syndicales. Il est élu député socialiste une première fois en 1914. Laval est plusieurs fois ministres, et dirige la France en tant que chef du gouvernement (président du Conseil des ministres) à deux reprises, du 27 janvier 1931 au 20 février 1932, et du 7 juin 1935 au 24 janvier 1936. En tant que chef du gouvernement, sa politique économique face à la crise de 1929 le rend par exemple très impopulaire. Traumatisé par la Première Guerre mondiale, Laval est un homme politique pacifiste. Pour contenir la menace allemande, il tente sans succès de trouver un allié dans l’Italie fasciste de Mussolini.
La défaite de 1940 donne à cet homme ambitieux la possibilité de faire avancer sa carrière. Opportuniste, il soutient l’armistice, s’oppose au départ du gouvernement en Afrique et défend une révision de la Constitution en faveur de la prise de pouvoir de Pétain et s’engage dans la collaboration. Son influence politique devient alors prépondérante.

Laval veut réserver à la France une place de choix dans une Europe allemande. Il est vice-président du Conseil des ministres dès juillet 1940. Destitué par Pétain en décembre 1940, il est rétabli par les Allemands en avril 1942. Il est l’homme des Allemands dans le gouvernement français, et répond à leurs exigences: il crée le service du travail obligatoire (STO) en 1943, laisse faire la répression de la Résistance et la mise en place des lois raciales. En 1942, il déclare :
Je souhaite la victoire de Allemagne, parce que, sans elle, le bolchevisme s’installerait partout.